Blog / 2024 / Ce Que “They” Veut Dire Pour Moi

22 mai 2024

Trente ans après avoir senti pour la première fois que “femme” et “elle” ne me décrivaient pas complètement, j’ai commencé à demander aux autres d’utiliser “personne” (ou d’autres termes qui n’indiquent pas de genre) et “they”—un des pronoms nonbinaires en anglais—pour parler de moi. Je n’ai toujours pas décidé comment faire en français, une langue qui met un accent résolu sur le genre, donc je garde “elle” pour l’instant dans cette langue.

Pour ceux qui me connaissent bien (ou qui suivent ce blog depuis un moment), ma demande pour “they” n’est pas une énorme surprise, mais ce qui est étonnant, même pour moi, c’est à quel point je suis ravie de ce simple changement.

La meilleure façon pour moi de l’expliquer est que, si tu es homme ou femme et que quelqu’un continue de t’appeler “iel” ou un autre néo-pronom lorsqu’il parle de toi, cela peut sembler bizarre, voire agressif. Ta réaction pourrait être: “Pourquoi cette imbécile ne peut-il pas simplement utiliser le bon pronom pour moi? “Iel” ne me décrit pas!”

Si t’es genrefree comme moi et que “they” semblent être une bonne façon de te décrire en anglais, mais que les autres continuent de t’appeler “elle” ou “il” lorsqu’ils parlent de toi, c’est gênant de la même manière. Les pronoms genrés me semblent incomplets ou faux; avec “they” j’ai l’impression qu’on me voit.

Tout cela pourrait t’amener à te demander pourquoi il m’a fallu si longtemps pour en arriver là. J’ai parlé d’être queer en 2017 et genrefree en 2022, alors quel a été le problème avec les pronoms?

D’une part, c’est le français qui traduit “they” et beaucoup d’autres choses de manière genrée. J’aurais voulu avoir une réponse pour ce que je vais faire en français avant d’annoncer ce que je fais en anglais. Mais ce n’est pas tout.

Ma réticence vient également du fait que je ne voulais pas déranger.

[pas de son]

D’une manière générale, je sais que je suis une personne qui dérange. Par exemple, je suis sans enfant. Pour certains, le fait de ne pas avoir d’enfants et de ne pas m’en excuser paraît comme une menace pour leur identité. Je le sais parce qu’ils me menaçaient en retour dans la section commentaires de YouTube, à l’époque où je me soumettais à cette machine à rage.

Ce choix de s’éloigner du courant dominant—ainsi que tous les autres dans ma vie—sont difficiles. La société est vraiment douée pour renforcer ses idées les plus conventionnelles sur la bonne manière d’être, et les humains sont construits pour aimer s’entendre. Nous sommes profondément sociables et l’approbation des autres compte.

Tout cela pour dire que l’idée d’être encore plus gênante et de demander aux gens de me traiter comme nonbinaire me semble beaucoup.

drapeau LGBTQ en forme d’agneau et mouton, peint par Gwenn Seemel
Gwenn Seemel
LGBTQIA+ Lambertville
2024
acrylique sur toile
91 x 91 centimètres

Et puis j’ai pensé à ce que j’ai ressenti lorsque je suis devenue végétarienne et que, pour la première fois, une amie m’a invitée à déjeuner. J’ai dû lui dire que je ne mangeais pas de viande, mais il me semblait impossible de lui demander de me préparer une nourriture spéciale alors qu’elle avait déjà la gentillesse de me préparer un repas. J’ai fait la demande quand même. Et chaque fois que j’étais confronté à cette situation, c’est devenu un peu plus naturel. Aujourd’hui, je ne me sens pas du tout rebelle parce que je suis majoritairement végétalienne. Au lieu de cela, chaque fois que je partage mon choix gênant, je me souviens que ma certitude dans mon choix—ma certitude qu’il est parfaitement acceptable—permet à ceux qui envisagent de se passer de viande d’imaginer le faire également.

C’est précisément pourquoi je savais que je devais changer mes pronoms de “she” (soit “elle” en anglais) à “they/she.”

Si un anglophone préfére continuer à m’appeler “she,” ce n’est pas grave. Mais s’il fait l’effort d’utiliser “they,” c’est son humanité et sa compassion qui brillent. Cette personne est du genre (ha ha) à comprendre que, même si “femme” et “homme” peuvent lui sembler suffisants pour décrire l’humanité toute entière, il reconnait également que son expérience n’est pas celle de tout le monde. Et il fait de la place pour cette différence.

visage d’agneau en arc-en-ciel
détail de LGBTQIA+ Lambertville

Je travaille sur cette peinture d’agneau et de mouton depuis un moment. Je la commençais tout juste quand une équipe de tournage belge est venue à mon atelier pour me poser des questions sur mon art et mon identité. LGBTQIA Lambertville fait partie d’une série d’animaux qui incarnent le drapeau de la fierté du progrès. Tout a commencé avec un tigre et un lapin. Puis il y avait un poisson, un canard, et un loup. Un an plus tard, j’ai ajouté une tortue de mer, un crabe, et Bourriquet.

Chacune de ces images représente un aspect de mon identité queer, qui peut être féroce comme un tigre ou déprimée comme un âne de livre de contes. Dans ce sens, il est normal que j’aie terminé la peinture de l’agneau et du mouton alors que j’ai trouvé le courage de demander aux autres d’utiliser “they” pour parler de moi. Après tout, ce moment est une rencontre entre un enfant, qui était sûre que personne ne les comprendrait, et un adulte, qui s’est rendue compte qu’il n’est pas trop tard pour demander aux autres d’essayer.

drapeau LGBTQ en forme d’agneau et mouton, peint par Gwenn Seemel
LGBTQIA+ Lambertville découpé

L’image originale est disponible pour $3000 plus frais d’expédition (et taxes si t’es dans le New Jersey)—contacte-moi si tu veux l’acheter. Pour des impressions et des t-shirts avec ce design, c’est ici dans ma boutique sur Redbubble.


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