Pourquoi pas d’IA?

Je comprends que les gens vont utiliser l’IA, mais j’espère que cela se fait de manière réfléchie. Je vous encourage à en apprendre davantage sur cette technologie et sur son fonctionnement.

Je n’utilise pas l’IA dans mon art, mes écrits, mes vidéos, ou mon site web, et ce, pour les raisons suivantes:

  1. L’IA est une question de droit de travail.
  2. Cette technologie a été entraînée à partir les mots, images, vidéos, et code que nous avons tous publiés sur Internet. Aujourd’hui, l’IA constitue une industrie estimée à des centaines de milliards de dollars, et aucun d’entre nous n’a été rémunéré pour l’utilisation de ses mots, ses images, ses vidéos, ou ce code.

    De plus, cette technologie nécessite une aide humaine considérable pour pouvoir s’améliorer. Beaucoup de gens travaillant au développement de l’IA sont sévèrement sous-rémunérées. C’est particulièrement vrai lorsqu’elles sont chargées d’examiner des contenus violents ou explicites, une tâche profondément néfaste pour leur esprit et leur cœur.

  3. L’IA ment.
  4. L’industrie qualifie les erreurs de l’IA comme des “hallucinations,” mais, quelle que soit la terminologie employée, il est impossible de faire confiance à cette technologie pour répondre correctement. Bien que des améliorations aient été apportées, Gemini de Google, par exemple, fournit encore des réponses contenant des informations inventées ou erronées des centaines de millions de fois par jour. [New York Times avril 2026]

  5. L’IA crée une dépendance—et c’est voulu.
  6. Malgré l’indignation publique face au danger que représentent des chatbots si complaisants qu’ils conduisent certains utilisateurs à la dépendance, voire à la psychose, l’IA reste obséquieuse. Lorsque cette technologie conforte les utilisateurs, ces derniers reviennent plus souvent; et lorsque les utilisateurs reviennent plus souvent, les entreprises de l’IA génèrent davantage de profits.

  7. L’IA nous prive de notre droit à la vie privée.
  8. Lorsque vous sollicitez l’aide d’une IA, vos requêtes sont intégrées à son processus d’apprentissage. Pire encore: même si vous ne cherchez pas à dialoguer avec cette technologie, il est fort probable qu’elle ait été entraînée à partir de vos propres données. Compte tenu de la propension de l’IA à synthétiser les données de manière problématique—sans parler de son habitude de mentir—ChatGPT, Gemini, Claude, et tous les autres ne constituent pas seulement une atteinte à la vie privée: ils sont un véritable cauchemar.

  9. L’IA est une catastrophe écologique.
  10. La quantité d’électricité consommée pour l’entraînement des IA, ainsi que l’énergie requise pour générer des réponses individuelles aux requêtes, sont difficiles à quantifier avec précision, mais elles n’en demeurent pas moins vertigineuses. Rien qu’en Amérique du Nord, les centres de données—dont bon nombre sont impliqués dans le développement et le fonctionnement de l’IA—consomment, à eux seuls, autant d’électricité qu’un pays tout entier. [MIT News janvier 2025]

  11. En l’état actuel, l’IA est une question de pouvoir.
  12. L’IA concentre la richesse et l’influence entre les mains d’un petit nombre d’individus, rendant la vie de plus en plus coûteuse et difficile pour le reste d’entre nous.

Gwenn Seemel avec un autocollant “choose democracy”
photo par Gwenn Seemel

En théorie, l’intelligence artificielle a le potentiel de transformer le monde de manière positive. Le problème, c’est que ce que nous appelons aujourd’hui “IA” n’est en réalité qu’une tentative profondément imparfaite d’atteindre une intelligence artificielle générale.

Au lieu de créer différents modèles d’IA hyper-spécialisés dans la résolution de problèmes précis, les géants de la technologie s’efforcent aujourd’hui, chacun de son côté, de bâtir leur propre modèle qu’ils croient super intelligent sur tous sujets. Ils échouent lamentablement à atteindre leur objectif, d’une manière qui nuit à notre santé ainsi qu’à notre planète.

Mon expérience avec l’IA: