Blog / 2025 / Une Déclaration sur l’IA dans Mon Art et sur Mon Blog
1 juillet 2025
Depuis fin mai, ce texte apparaît dans le pied de page partout sur ce site:
Gwenn Seemel croit en un monde où les artistes sont rémunérés équitablement pour leur travail et protégés contre les technologies qui contournent le traitement éthique des créateurs. C’est pourquoi Gwenn n’utilise pas d’IA générative pour ses créations artistiques, ses vidéos, ou ses écrits.
En matière de déclarations, c’est plutôt modéré.
Je n’insiste pas sur la façon dont l’IA détruit notre planète déjà vulnérable par sa consommation énergétique exorbitante. J’évite de parler de la façon dont elle renforce les biais, car elle a été entraînée sur des données problématiques. Et je ne mentionne pas qu’elle ment. (Je sais que le terme préféré des technophiles est “hallucination” mais il n’y a aucune raison d’utiliser leur langage volontairement trompeur.)
Je me concentre plutôt sur l’un des messages centraux de mon œuvre: les artistes méritent d’être rémunérés pour leur travail.
L’inspiration pour publier ma déclaration m’est venue, de manière inattendue, d’un collègue utilisant des images générées par l’IA pour illustrer sa newsletter. Jusqu’au printemps dernier, je n’avais entendu parler que d’artistes employant cette technologie pour rédiger des mises à jour. Je n’en étais pas ravie, mais je ne pouvais m’empêcher de compatir. Moi aussi, j’ai du mal à communiquer avec les mots, alors je comprends que l’idée d’un raccourci puisse être tentante.
Ceci dit, un artiste visuel qui utilise l’IA pour illustrer sa newsletter, c’est une toute autre histoire.
Paresseux est le mot qui m’est venu à l’esprit dès que j’ai vu sa photo d’un carnet de croquis ouvert sur une table. C’est un moment facile à capturer avec un smartphone pour la plupart des artistes, mais, dans cette newsletter, la légende lisait: “image générée par ChatGPT.”
Qui manque d’égard: la description devenait plus précise. Cette personne estimait que la technologie méritait d’être félicitée pour son “travail,” alors que les artistes dont les photos de carnet de croquis avaient servi à entraîner l’IA à générer l’image pour la newsletter avaient, eux, aucun intérêt.
Éteint
2024
acrylique sur bois
41 x 30 centimètres
(Voir la réalisation très humaine de cette œuvre.)
Plus je réfléchissais aux choix de cet artiste, plus ma colère montait. J’ai eu du mal à me convaincre de ne pas illuster cet article avec une capture d’écran ni te fournir un lien vers sa newsletter, et je ne suis pas fière du fait que j’ai toujours un peu envie de lui faire honte. Si je partage ici l’intensité de ma réaction, c’est parce que cela a clarifié pour moi la question de l’IA.
Au cours des tros dernières années, j’ai écrit sur mon blog que la technologie en elle-même n’était pas le problème, blâmant plutôt les personnes derrière l’IA. J’ai parlé de la trahison de Milan Art Institute qualifiant mes œuvres d’IA et de l’étrangeté de ChatGPT prétendant me connaître. J’ai déploré la façon dont cette technologie vide les images de leur contexte et rend l’art ennuyeux.
Dans tout cela, je n’ai jamais dénoncé l’IA, mais, avec cet article et ma déclaration dans le pied de page, je le fais.
Chaque fois que t’utilises l’IA—que ce soit pour jouer ou pour travailler un peu moins—tu nuis aux artistes de tous horizons, y compris aux écrivains. S’il te plaît, arrête d’alimenter cette technologie avec ta curiosité. Ne l’aide pas à imiter les humains de mieux en mieux. L’IA doit être réglementée avant d’être véritablement utile, car, à ce stade, elle représente des profits scandaleux pour les milliardaires et la fin du monde pour nous tous.
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