Blog / 2025 / La Partie Française de Mon Identité de Genre

25 juin 2025

L’anglais est ma langue maternelle, celle que je parlais à la maison quand j’étais enfant, mais le français a toujours suivi de près. Je l’ai appris très tôt, car c’était le seul moyen de communiquer avec mes grands-parents.

Du fait de cet apprentissage quasi simultané de deux langues, il existe deux versions de moi. L’anglophone et la francophone vivent les mêmes expériences, mais avec une vision légèrement différente. Tel un prisme qui sépare la lumière en ses parties arc-en-ciel, ces deux interprétations de moi sont une seule et même chose, mais elles ouvrent mes expériences à un examen particulier, révélant les multiples couleurs de chaque instant.

C’est particulièrement vrai en ce qui concerne mon genre.

J’avais douze ans lorsque j’ai compris que je n’étais ni une fille ni un garçon, mais ce n’est que près de trente ans plus tard que j’ai trouvé le courage de demander aux autres d’essayer de me voir ainsi.

Même à cette époque, j’hésitais à exiger qu’on m’appelle “they”—un des pronoms nonbinaires en anglais—plutôt que “elle.” Cette décision provient de plusieurs motivations, principalement liées à un désir de ne pas trop déranger, mais l’une des plus importantes était ma deuxième langue.

J’avais du mal à voir comment faire la transition à un “they” francophone, parce qu’il n’existe pas d’équivalent simple en français. “They” a été utilisé pour désigner un individu sans distinction de genre depuis au moins l’époque de Shakespeare, et cette histoire me reconfortait. En français, le parcours de “iel” est bien plus bref, le mot étant inventé par les communautés queer francophones en 2010 et inclus dans Le Petit Robert en 2021.

Quand j’ai finalement adopté “iel” l’année dernière, j’étais satisfaite de mon choix, mais, comme je n’utilise pas le français au quotidien, le changement ne m’a pas semblé totalement réel, jusqu’à ce que mon prisme bilingue reconnaisse la poésie de mon choix.

“Iel” sonne en anglais comme “yell,” ce qui veut dire “crier.”

Cela correspond à ce que j’ai envie de faire chaque fois que quelqu’un m’appelle “they” ou me désigne comme une “personne” plutôt que comme une “fille” ou une “femme.” J’ai envie de rugir de joie!

drapeau arc-en-ciel inclusif en forme de tigre, illustration par Gwenn Seemel
Gwenn Seemel
Fière de Mes Rayures
2022
acrylique sur toile sans châssis
36 x 30 centimètres
(Acheter des impressions et des t-shirts avec ce tigre ici.)

Joyeuse Fierté!

Pour en savoir plus sur la façon dont mon bilinguisme croise mon aversion pour la binarité de genre et le patriarcat en général, il y a cet article sur les personnes qui ne réfléchissent pas assez à l’argot qu’elles utilisent.

Tu peux également fêter la Fierté en plusieurs langues avec Le Crime Contre Nature, mon livre de science queer, téléchargeable gratuitement en français, anglais, italien, russe, et chinois.

Tu trouveras même une lecture du livre en anglais avec traduction chinoise dans cette vidéo créée par mon amie Vivian, dont la gentillesse m’a sauvée pendant les premiers mois qui ont suivi la réélection de Trump.


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