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8 juillet 2024

[transcription]

Si tu veux bien partager ton ennemi artistique, j’espère que tu m’enverras un courriel! J’explique comment je teins les vêtements dans cette vidéo et pourquoi personne ne pourra jamais peindre comme n’importe qui d’autre dans ma conférence TEDx.

Si tu veux m’aider à apprivoiser mon ennemi juré, tu peux m’engager pour peindre ta maison! Parce que c’est ça le problème: il y a une dizaine d’années, j’ai publi´ “portrait de maison” comme option sur ma liste de tarif d’art personnalisé et, comme tu peux le voir dans la vidéo, je n’ai reçu que quelques commandes depuis. Mais je garde “portrait de maison” sur mon site, car, avant de l’ajouter, un certain nombre de personnes m’avaient demandé de peindre leur maison et, lorsque je leur ai indiqué mon prix, ils ont essayé de me négocier. La plupart d’entre eux ont cité le fait que “portrait de maison” n’apparaissait pas sur ma page d’art personnalisé comme raison pour laquelle ils ont estimé qu’il était approprié de remettre en question le tarif.

Mais, en ce qui concerne l’art personnalisé, je suis rarement ouverte à la négociation—je pense que les artistes devraient toujours demander plus pour les œuvres faites sur commande. Après 21 ans en tant qu’artiste à plein temps, je suis peut-être encore en train de réfléchir à la manière dont je peins de longues lignes, mais je suis certaine de la façon dont j’évalue mon art, même mes peintures de bâtiments, car je sais ce qu’est réellement l’art.

belle peinture de paysage de Phillips’ Moulin à New Hope, illustration de l’artiste de Lambertville Gwenn Seemel
Gwenn Seemel
Phillips’ Mill
2024
acrylique et encre sur papier
36 x 26 centimètres
TRANSCRIPTION

Je ne peins pas beaucoup d’images de bâtiments—enfin, oui, il y a dix ans j’ai fait quelques portraits de maisons.

Mais en général, ceci est rare. Et non pas parce que je n’aime pas peindre les bâtiments; c’est plutôt qu’il y a beaucoup d’artistes qui le font et qui aiment le faire. C’est un peu comme le fait qu’il y a beaucoup de gens aiment porter le jean bleu, le denim bleu. C’est pour ça que je crois que c’est à moi de teindre le jean avant le porter, sinon c’est trop de bleu—trop de peintures de bâtiments.

Mais même si je ne pense pas qu’il sera un jour nécessaire de porter du denim bleu, peindre un bâtiment a parfois du sens.

C’est une envie de ne pas me laisser aller en restant trop fidèle à ma routine. En fait, c’est une sorte d’entraînement. Cela veut dire faire face à mon ennemi juré. Chaque artiste en a un: un sujet ou une technique qu’il n’arrive tout simplement pas à maîtriser. Et pour moi, c’est une ligne droite.

Petite, je me souviens avoir demandé à ma maman de tracer des lignes pour moi et je me souviens qu’elle m’encourageait à trouver comment le faire moi-même. Mais la vérité est que je ne suis pas maintenant—et je ne l’ai jamais été—quelqu’un avec une main ferme, du moins pas de la même stabilité d’une main d’un peintre d’enseignes. Oh, ça va: je peins et je dessine avec beaucoup de confiance. Mais les lignes longues restent pour moi difficiles.

C’est pourquoi l’architecture n’est pas souvent mon sujet. C’est ça et le fait que beaucoup d’autres artistes le font donc je n’ai pas besoin de le faire. Sauf que, bien sûr, ce n’est pas vrai. Dans le sens où personne d’autre ne peindra jamais un bâtiment comme moi je le peux, parce que personne d’autre n’est moi et personne n’a exactement le même rapport étrangement antagoniste avec un simple trait.

Dans le cas de cette image, j’ai décidé de supprimer les distractions afin d’affronter plus pleinement mon ennemi. J’ai limité ma palette au blanc de titane, à la terre d’ombre brûlée, au cyan primaire, au violet permanent, à l’orange de cadmium, à l’or quinacridone, au jaune nickel azoïque, et peut-être à un jaune hansa aussi. Cela peut sembler beaucoup de pigments, mais renoncer à un bleu plus foncé* et à tout pigment vert ou purement rouge est différent de ma pratique habituelle.

Cette méthode de limiter ma palette était quelque chose que j’utilisais beaucoup lorsque je débutais en tant qu’artiste. C’était à ce moment-là une façon de connaître les pigments et comment ils interagissaient les uns avec les autres. Mais pour cette peinture, je voulais me concentrer sur la façon dont les lignes de l’image se croisent, et garder la palette plus ciblée semblait être un bon moyen d’y parvenir.

En fin de compte, cette peinture me plaît. Je ne dis pas que l’architecture est maintenant mon sujet préféré, mais cette image m’a inspiré à me mettre au défi d’en peindre au moins un bâtiment par an. C’est un rapprochement lent, et ça me laisse avec quelques questions: quel est ton ennemi artistique? Comment es-tu devenu ami avec lui?

* En fait, je pense qu’il y avait aussi un peu de bleu phtalo.

Peut-être que ce billet de blog te fait penser à quelque chose? Ou tu as une question à me poser? Je serais ravie de recevoir un petit bonjour de ta part!

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