Blog / 2025 / Ce Que Nous Nous Devons les Uns aux Autres
28 septembre 2025
“Ce serait plus facile de penser à t’appeler ‘iel’ plutôt que ‘elle’ si tu t’habillais de manière plus non binaire.”
D’un côté, on pourrait croire que cette personne faisait de son mieux: elle avait révélé qu’elle voulait utiliser le pronom qui, je lui avais dit, me plairait le plus. De l’autre, elle laissait entendre que c’était ma faute si elle avait échoué.
Elle faisait quelque chose que la société dans son ensemble fait très bien.
Elle transformait ma différence en un problème, et, plus précisément, un problème que je devais résoudre.
Ce genre de pression existe sous une multitude de formes, une pour chaque différence qu’une personne peut avoir.
Par exemple, à un moment donné, tu as peut-être subi la pression âgiste qui dit aux enfants que, s’ils veulent être pris au sérieux, ils doivent arrêter d’utiliser autant de verlan. Et, que tu l’aies remarqué consciemment ou non, tu as presque certainement été témoin de la pression capacitiste qui informe les personnes en fauteuil roulant qu’elles ne peuvent pas traverser la rue parce que la construction et l’entretien des rampes de trottoirs à chaque coin de rue coûtent cher. Les pressions racistes sont légion, comme l’obligation pour tout le monde de parler un “français standard” (traduction: un “français à consonance blanche”), le meurtre d’enfants noirs parce qu’ils portent des sweats à capuche, et tout ce qui se trouve entre les deux.
Dans tous ces cas, la société transforme son problème—l’âgisme, le capacitisme, et le racisme—en un problème individuel, avec la logique idiote: “si seulement tu faisais cette chose que la société a arbitrairement décidée et que j’ai choisi de croire sans raison valable, alors je pourrais te traiter comme un être humain.”
Les femmes et les personnes se présentant de manières qui sont vues comme étant féminines—les personnes comme moi—subissent une multitude de pressions sexistes. Par exemple, on est censées se maquiller, mais pas trop, sous peine d’être traitée de salope. Et comme si ce n’était pas déjà assez difficile de trouver le juste milieu, il est également impossible de savoir quelle quantité de maquillage est excessive, car chaque représentant de la société—autrement dit, chaque individu sur la planète—a sa propre conception de ce qui constitue un excès de pigments sur la peau.
Quand je me disais femme, on me répétait sans cesse que je devais travailler sur ma féminité. On me poussait à me raser les jambes et les aisselles, et on me harcelait directement et indirectement à propos de l’espace que je prenais dans le monde.
Maintenant que j’ai enfin trouvé le courage de demander aux gens de m’appeler “iel,” on me dit que je dois travailler su ma présentation queer, et ce non pas par un expert en tout ce qui est queer, qui n’existe pas, mais par une personne frustrée que ce ne soit pas facile pour elle de se rappeler d’utiliser “iel.”
Eh bien c’est pareil pour moi.
Chaque jour, je m’efforce d’utiliser les pronoms que les autres me demande d’utiliser et de les appeler par les noms qu’ils m’ont dit préférer, et je fais de mon mieux pour enlever de mon langage des références genrées autant que possible. Mais je continue à faire des erreurs—surtout en français.
Les Cinq Étapes de Ne Pas S’intégrer: Supérieur, Différent, Bizarre, Faux, Rejeté
2022
acrylique sur bois
36 x 28 centimètres
(Acheter des impressions de cette image ici.)
Nous ne nous devons pas la perfection. La non-experte de tout ce qui est queer n’est pas obligée d’utiliser systématiquement “iel” pour parler de moi, et je n’ai pas besoin d’ajuster mes vêtements pour qu’elle me voit comme “iel.”
Ce que nous nous devons mutuellement, c’est de reconnaître l’humanité nuancée et complexe de chacun.
Aucun de nous n’est simple. Là où nous nous retrouvons en difficulté, c’est lorsque nous manquons d’admettre que le monde intérieur d’autrui peut être tout aussi complexe et élaboré que le nôtre.
En me demandant de m’habiller d’une certaine manière pour correspondre à son idée de mon genre, la non-experte démêlait mon identité en quelque chose d’un peu plus linéaire, parce que cela lui semblait plus logique. Mais, comme elle, je suis un magnifique nœud de joies, de peurs, d’idées et d’expériences.
Si tu te sens l’âme d’un flamant complexe parmi des oiseaux en plastique rigide, je t’encourage à découvrir ma série sur la santé mentale Tout Va Bien.
Cet automne, tu va pouvoir découvrir la collection en personne à la bibliothèque publique de Lambertville et même ajouter tes propres œuvres au mur! Des versions coloriages des peintures seront disponibles, à compléter et à afficher à côté de mes œuvres.
Lambertville Free Public Library
6 Lilly Street
Lambertville, NJ 08530
USA
Ouverture: du 11 octobre au 26 novembre
Vernissage et atelier coloriage: mercredi 22 octobre de 19h à 20h30
Peut-être que ce billet de blog te fait penser à quelque chose? Je serais ravie de recevoir un petit bonjour de ta part.
Abonne-toi à ma liste de diffusion spéciale pour recevoir un email chaque fois que je publie un nouvel article.
Si tu as apprécié ce billet de blog, Ko-fi te permet de faire un don. Chaque dollar vaut un milliard pour moi!