Blog / 2022 / Fière de Mes Rayures

3 février 2022

[transcription]

Je parle beaucoup de sujets queers sur ce blog. Si cela vous intéresse, j’explique pourquoi j’utilise encore le pronom “elle” ici, et, pour en savoir plus sur le cœur arc-en-ciel que j’ai retiré du manteau pour faire place au tigre, regardez cette vidéo.

Il y a des impressions et de jolies choses avec cette image de joie féroce dans ma boutique Redbubble.

drapeau arc-en-ciel inclusif en forme de tigre, illustration par Gwenn Seemel
Gwenn Seemel
Fière de Mes Rayures
2022
acrylique sur toile sans châssis
36 x 30 centimètres
TRANSCRIPTION

Cela fait presque trente ans maintenant, mais je me souviens encore clairement de ce moment. De l’extérieur, il ne semblait pas qu’il se passait grand-chose. J’étais une gamine de douze ans qui avait fermé la porte de sa chambre, et j’étais assise sur mon lit, en train de réfléchir. Le drame du moment se passait dans ma tête.

C’était la première fois que je me souviens avoir compris que je n’étais pas vraiment une fille. Non pas que j’étais garçon non plus, mais je n’étais définitivement pas une fille. À ce moment-là, je n’avais pas encore eu mes premières règles et mon corps ne se développait pas au même rythme que celui de mes amis, mais j’étais déjà sexualisée par les gens autour de moi. Le patriarcat me faisait comprendre que j’étais censée me voir comme une fille, mais cela n’avait aucun sens pour moi.

D’un côté, cette prise de conscience était un peu déprimante, parce qu’on m’imposait une identité et je n’avais pas l’impression d’avoir le choix. Je me souviens avoir pensé que si quelqu’un était entré dans ma chambre à ce moment-là, je redeviendrais automatiquement une fille. Je cesserais d’être l’humain que je savais que j’étais.

Il y avait donc de la déception dans ma découverte, mais il y avait aussi un net sentiment de liberté. Parce que j’ai enfin su qui j’étais au fond de moi.

Ce même moment s’est joué de manière prolongée au cours des dernières années, car j’ai le privilège d’exister dans l’intimité spéciale qu’une pandémie peut offrir. J’ai passé tant de temps seule ou seule avec mon partenaire, et dans cet espace profondément confortable, j’ai pu être plus vraiment moi.

Cela n’a pas toujours été facile—faire face à mon propre cerveau, sans les distractions des temps d’avant, a parfois été carrément effrayant. Mais il y a aussi un pouvoir à s’attarder dans un espace intime. C’est comme si une nouvelle réserve s’était accumulée en moi, alors que j’étais protégée de toutes les projections que la société aime m’imposer.

Maintenant, même quand je suis en public, je me sens plus moi-même que jamais.

Cette vidéo existe grâce à l’encouragement et aux micro-dons de ma communauté!

MISE À JOUR

29 août 2022

Tu peux maintenant acheter une version spéciale de cette image sur un t-shirt publié par Pride Socks! C’est ici que j’explique tout.


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