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24 février 2014

Au début de l’année dernière, j’ai reçu un courriel d’un acheteur d’art pour une agence de publicité: Gap, un magasin connu aux USA comme H&M est connu en Europe, voulait utiliser une de mes œuvres pour une campagne publicitaire. Il s’intéressait à une œuvre d’art postal avec le drapeau américain.

pub pour Gap avec l’art de Gwenn Seemel
l’œuvre de Gwenn Seemel modifiée numériquement par Peterson Milla Hooks

Ma réaction à cette demande m’a surprise. J’ai été plutôt perturbée.

J’ai d’abord réagi comme beaucoup d’artistes l’auraient fait. Avais-je envie de traiter avec cette société et d’envisager ce que ma participation pourrait dire à propos de mon œuvre? La décision a été plus facile du fait que Gap désirait une licence pour de l’art postal. Si l’entreprise s’était intéressée par un de mes portraits, j’aurais eu plus de réflexion à faire—sans compter qu’il m’aurait fallu contacter le sujet du portrait.

Mais au-delà de ces réactions ordinaires à cette opportunité, j’avais aussi la conscience d’un artiste libre. Dans la mesure où toutes mes œuvres font partie du domaine public, avais-je le droit de prendre l’argent que Gap m’offrait? Après tout, si je ne contrôle aucune de mes œuvres et laisse n’importe qui faire n’importe quoi avec mes images, pourquoi cette société devrait-elle demander ma permission et m’offrir une rémunération?

pub pour Gap par Peterson Milla Hooks
pub pour Gap par Peterson Milla Hooks

En fin de compte, j’ai accepté l’argent de Gap, et je l’ai fait pour deux raisons:

  1. L’entreprise désirait un format spécial.
  2. Même si l’ensemble de mes œuvres est disponible dans certains formats, je demande déjà d’être payée pour d’autres formats. Par exemple, si vous avez une connexion internet, vous pouvez lire Le Crime Contre Nature sans payer, mais vous êtes obligé d’acheter la version imprimée. De même, Gap aurait pu utiliser l’image trouvée sur le web gratis, mais pas la version de l’image en haute résolution. (Pour en savoir plus sur cette façon de donner ou de se faire payer selon le cas, consultez cette conférence.)

  3. Gap n’est pas un individu.
  4. Si quelqu’un voulait utiliser une de mes œuvres sous un format spécial, je partagerais peut être l’image avec cette personne tout simplement comme je l’ai déjà fait à plusieurs reprises. Il s’agit alors de développer un rapport qui parfois semble mener nulle part mais qui contribue toutefois à ma réputation et qui répond à la façon dont je conçois le monde.

    Cela étant dit, une entreprise n’est pas un individu. Il m’est impossible de connaître cette société comme si c’était une personne. L’argent remplace donc le rapport réel que l’on peut avoir avec un individu.

En fin de compte, mon expérience avec Gap et son agence publicitaire a été très positive. Tout a été fait rapidement et avec soin, et le résultat final est satisfaisant. Je suis contente d’avoir vendu l’usage de mon image, et, même si je ne suis pas prête à poursuivre activement ce type de transaction, j’ai hâte de réfléchir à nouveau à ces questions la prochaine fois qu’une telle requête arrive dans ma boîte de réception.

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