Blog / 2012 / Posséder la Culture

10 avril 2012

Nous nous sentons propriétaire des bouts de culture que nous aimons. Nous adorons transformer nos morceaux préférés en quelque chose qui nous convient complètement, et nous avons plusieurs manières de le faire.

Si c’est une peinture que nous apprécions, nous obtenons une reproduction de l’œuvre pour décorer notre maison. Si c’est un poème, nous l’écrivons dans une belle calligraphie pour l’afficher chez nous. Si c’est une chanson, nous achetons un CD pour en faire plusieurs copies sur le disque dur de notre ordinateur ainsi que sur notre iPod.

Parfois, nous voyons quelque chose que quelqu’un d’autre a fait—peut-être c’est simple comme une coiffure ou c’est un vrai projet comme teindre des pantalons—et nous sommes inspirés à faire notre propre version de la même chose. Nous imitons toujours des bouts de culture, et parfois nous imitons avec notre propre touche, modifiant légèrement la culture en même temps que nous la propageons. Nous utilisons la culture comme si elle nous appartenait. Nous fabriquons nos propres nids de culture, personnalisant le monde dans lequel nous vivons.

Erdeven

L’année dernière, j’ai été confrontée par un exemple étonnant de la culture possédée. C’était au cimetière d’Erdeven en Bretagne.

Erdeven

Là, j’ai vu cette tombe d’un adolescent.

le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry sur une tombe

Dans un cimetière plein de pierres polies et de croix celtiques, l’arrière de la tombe de ce garçon était frappant.

Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry est aussi célèbre que Mickey, mais j’ai du mal à imaginer la super souris de Disney sur une tombe. Peut-être que c’est parce que le Prince a un air mélancolique plus adapté à la mort que l’insouciance aigue de Mickey, mais ce n’est pas tout. Il y a aussi le fait que Disney tient toute la culture qu’elle produit d’une main de fer. À savoir les reproductions amateurs de la souris et ses amis qui disparaissent des peintures murales dans les écoles lorsque la méga-entreprise menace des méga-procès pour cause de copyright.

Ron English Mousetrap
Ron English Mousetrap

Et c’est dommage que nous ne puissions pas posséder Mickey comme nous aimerions le faire. Cela fait que la souris semble détachée, à l’écart, autre. En fait, cette isolation rend Mickey plus susceptible d’être raillé par Ron English, entre autres. La souris de Disney est devenue un symbole de tout ce qui est nul dans la culture, et c’est la faute des avocats chargés de défendre la propriété intellectuelle de l’entreprise.

La culture doit être possédée par tout le monde, pas seulement par son auteur. Et ce n’est pas seulement parce que chaque bout de culture est inspiré par toute la culture qui l’a précédée. C’est plus qu’une question de reconnaître d’où vient l’innovation. La culture appartient à nous tous car elle est une chose vivante qui a besoin d’être nourrie par notre admiration et par notre créativité.

MISE À JOUR

30 mai 2018

Cet article a inspiré le livre Vous Partagez Bien et un discours qui explique comment vous libérer du droit d’auteur en six étapes.


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